la vrai musique

10 septembre 2006

le banjo

Le banjo est le fruit organologique de la diversité du peuplement des États-Unis. Si le mot lui-même est d'origine ibérique, l'instrument sous des formes primitives a été introduit en Amérique du Nord par des esclaves africains. Des luthiers français, anglais ou suédois installés à Baltimore ou Boston lui ont donné sa forme actuelle avant d'être ensuite adopté par les populations gaéliques réfugiées dans le massif des Appalaches. Enfin, ses ultimes transformations l'ont vu se rapprocher de la mandoline italienne. Mal connu, souvent négligé si ce n'est méprisé, cet instrument si largement présent dans la mémoire collective, bien au-delà des États-Unis, méritait une « biographie » relatant toutes les formes qu'il a prises et toutes les expressions musicales auxquelles il a contribué. C'est l'occasion de découvrir ceux qui l'ont imaginé, construit, amélioré et pratiqué avec passion, mais aussi ceux qui ont pris un malin plaisir à le dévoyer ou à le dénigrer. Fasciné depuis l'adolescence par le banjo, Nicolas Bardinet est également surpris par les idées apocryphes ou les légendes circulant sur cet instrument aussi excentrique que profondément marquant.

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la guitare

         

Origines

De l'arc des chasseurs de la préhistoire jusqu'à la parution, en 1546, du premier livre comprenant des pièces de guitare par le compositeur espagnol Alonso Mudarra, l'instrument a laissé de nombreuses traces d'une évolution aussi fascinante que complexe. En Asie, en Égypte, en Perse, chez les Grecs et les Romains, on retrouve depuis des millénaires des instruments présentant certaines similitudes avec la guitare.

L'abondance des noms d'instruments de la famille des guitares et autres instruments à cordes pincées similaires donne le vertige : quintara, chitarra, ghiterna, cithara, citole, cittern, cistre, vihuela, luth, archiluth, théorbe, mandore, mandoline, chitarrino, quitaria, guiterne, quinterne, guiterre...

Au Moyen Âge

En Occident, la présence de la guitare peut être observée dès le Moyen Âge. Les Maures l'introduisent au viiie siècle en Espagne. Bientôt on la retrouve en Italie, en France, en Angleterre... Dans un manuscrit de Tristan et Iseult (xiie siècle), on peut apercevoir un joueur de guiterne, puis vers 1275, au temps d'Alphonse X, roi de Castille, on trouve dans le célèbre manuscrit Cantigas de Santa Maria des images d'une guitarra moresca, d'un luth et d'une guitarra latina. La guitarra moresca, au corps ovale, présente certaines ressemblances avec le luth tandis que la guitarra latina, avec ses côtés courbés, s'apparente de façon plus claire à la forme habituelle de la guitare. La guitarra latina pourrait même être arrivée en Espagne par un autre pays européen, en passant par la Provence et la Catalogne. À partir du xive siècle, les preuves documentées de la présence de la guitare dans plusieurs régions d'Europe abondent. En France, dans les Flandres, en Angleterre, etc., troubadours et autres artistes la font voyager. On sait qu'elle a résonné chez le duc d'Anjou et chez le roi Édouard III d'Angleterre vers1360, puis chez Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Vers 1450, Charles d'Orléans récompense deux musiciens aveugles venus d'Écosse qui jouaient de la guiterne, puis Philippe le Bon est accueilli en Autriche par des ménestrels dont certains sont joueurs de guiterne.

Au xvie siècle

La popularité de la guitare semble avoir augmenté de façon plutôt constante jusqu'au xvie siècle si l'on se fie au poète Bonaventure des Périers :

« Guiterne, aimable soulas

Pour le bien que fait et plaisir,

Je chante ta louange.

Touchée d'une docte main

Tu as belle puissance

Qu'il n'est homme tant inhumain

Qu'il n'ayt resjouyssance.

Par toi, tout deuil est détourné,

Par toi, gaye est la vie,

Par toi, le cœur passionné,

Par toi, l'âme ravie.

Tant que l'œil du monde luyra

Florira la guiterne

Et ton harmonie remplira

Tous les coings de la terre. »

Cette guitare de la Renaissance est de très petite taille – à peine plus grosse que notre violon –, la rosace est ornée et de huit à dix frettes de boyau entourent le manche. Comme pour le luth ou la vihuela, ses cordes sont regroupées en chœurs formés de deux cordes de boyau accordées à l'unisson ou à l'octave, sauf la première, la chanterelle, qui est souvent simple. La guitare du xvie siècle comporte le plus souvent quatre chœurs, plus rarement cinq ou même, exceptionnellement, six. Elle peut être jouée avec un plectre ou avec les doigts.

La facture et la technique de la guitare étant à bien des égards semblables à celles du luth et de la vihuela, les guitaristes pouvaient donc parfois être également luthistes ou vihuelistes. C'est pourquoi on retrouve quelques pièces de guitare dans les publications de maîtres luthistes comme l'Italien Melchiore de Barberi, chez les Français Guillaume Morlaye et Adrien LeRoy (ce dernier était également éditeur et imprimeur) ou encore chez les vihuelistes espagnols Alonso Mudarra et Miguel de Fuenllana. La guitare n'a toutefois jamais surpassé ni même atteint la popularité et le rayonnement du luth et de la vihuela dont le répertoire publié dès le milieu du xvie siècle est beaucoup plus abondant.

L'importance de la vihuela de mano (jouée avec les doigts plutôt qu'avec un archet comme la vihuela de arco) dans l'évolution de la guitare est fondamentale. Exclusivement utilisée en Espagne au xvie siècle, elle adopte une forme de plus en plus semblable à celle de la guitare d'aujourd'hui : plus grosse que la guiterne, souvent munie de six cordes doubles (parfois cinq ou sept), au lieu de quatre. Son répertoire est d'une richesse exceptionnelle. Les nombreux recueils de compositeurs tels Luis Milan, Luis de Narvaez, Alonso Mudarra, Diego Pisador, Miguel de Fuenllana, Enriquez de Valderrabano, Antonio de Cabezon, etc., contiennent aussi bien des transcriptions d'œuvres polyphoniques (Josquin des Prés, Morales) que des compositions originales. On y trouve notamment un grand nombre de fantasias, tiento, differencias (variations) et certaines danses, dont la pavane.

La musique pour guitare de cette époque, comme celle pour le luth ou la vihuela, s'écrivait au moyen de la tablature. Les cordes de l'instrument sont figurées par des lignes parallèles qui ressemblent ainsi à une portée mais indiquent l'endroit où les doigts doivent être placés et non pas la hauteur des notes. Les signes de durée, placés au dessus de la portée, n'ont pas toujours la précision des indications de valeurs de notes de notre système de notation moderne. L'exécutant doit donc parfois déduire certains détails. Plusieurs systèmes ont été simultanément en usage (tablatures française, italienne, allemande, espagnole).

La guitare baroque

Au xviie siècle, la guitare occupe une place toujours croissante dans à peu près toute l'Europe, particulièrement en Italie, en France et en Espagne. Plusieurs instruments ont survécu, dont certains sont de véritables chefs-d'œuvre d'ornementation utilisant parfois des matériaux exotiques comme l'ébène, l'ivoire, l'écaille et même la carapace de tortue. Comportant cinq cordes, la guitare baroque a fait l'objet d'une production particulièrement intense en Italie jusqu'à la fin des années 1630. L'école parisienne de lutherie s'est ensuite imposée au cours des années 1640 et a continué de se développer durant plusieurs décennies sous le patronage de la Cour de Louis XIV, lui-même guitariste.

Parmi les principaux luthiers du xviie siècle, se démarquent René et Alexandre Voboham, Joachin Tielke et nul autre qu'Antonio Stradivarius dont les deux modèles qui existent encore de nos jours se distinguent par la sobriété de leur forme et de leur ornementation.

En plus d'être utilisée pour l'accompagnement de la voix dans les arias italiennes, chansons françaises et espagnoles, la guitare à cinq chœurs a aussi été employée comme instrument de continuo. Cependant, la partie de basse devait souvent être jouée par un autre instrument plus approprié comme le théorbe ou le violoncelle. Le répertoire pour guitare seul, quant à lui, est très abondant et diversifié.

La quasi-totalité de la musique pour guitare des xviie et xviiie siècle a été écrite en tablature. Parmi les nombreux compositeurs, on remarque Francesco Corbetta et Ludovico Roncalli en Italie, Santiago de Murcia et Gaspar Sanz en Espagne ainsi que Robert de Visée en France, le professeur de guitare de Louis XIV. Les deux livres qu'il nous a laissés, parus en 1682 et 1686, constituent l'un des sommets de la littérature pour la guitare baroque. Malgré la valeur musicale évidente d'un grand nombre d'œuvres de ces compositeurs, ce répertoire est resté jusqu'à tout récemment très peu connu des amateurs de musique baroque, à l'exception des guitaristes eux-mêmes. La barrière de la notation en tablature a sans doute longtemps retardé la diffusion de ce répertoire aujourd'hui transcrit en notation moderne.

La guitare classique

Alors que le luth est progressivement tombé dans l'oubli durant la seconde moitié du xviiie siècle, la pratique de la guitare a connu un regain de popularité au début de la période classique. L'ajout d'un sixième chœur, le passage aux six cordes simples, le remplacement des frettes de boyau par les frettes d'ivoire, d'ébène, puis de métal, ont fait évoluer la guitare vers une sonorité de plus en plus semblable à celle de la guitare classique que nous connaissons aujourd'hui. Plusieurs virtuoses ont connu de brillantes carrières européennes, tels Ferdinando Carulli, Mauro Guiliani, Fernando Sor et Niccolo Paganini. Ce dernier, excellent guitariste, transposa sur le violon des effets typiques de la guitare. Leurs compositions pour guitare seule, fort bien écrites, sont d'une efficacité évidente lorsqu'il s'agit de plaire immédiatement. Quelques décennies plus tard, Francisco Tarrega poursuit brillamment cette tradition. Mais pour quiconque a goûté à la musique des contemporains (Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert puis Chopin) de ces compositeurs-guitaristes, la substance du message artistique – sauf peut-être pour une partie de l'œuvre de Sor – paraîtra souvent mince.

La guitare a aussi été utilisée en musique de chambre (entre autres par Luigi Boccherini qui l'a introduite dans douze de ses quintettes) à l'opéra comme effet particulier pour accompagner quelques mélodies ou encore pour accompagner des lieder. Berlioz, dans son Grand Traité d'instrumentation, souligne l'intérêt de sa sonorité, mais fait également remarquer qu'il est presque impossible de bien écrire pour la guitare sans en jouer.

C'est à partir du milieu du xixe siècle que le luthier espagnol Antonio de Torres Jurado développe le modèle de la guitare classique moderne. Les guitares de Torres, avec leur plus grande dimension, plus de volume et un timbre plus riche ont ouvert la voie aux luthiers du xxe siècle.

Malgré l'évolution de l'instrument, le guitariste d'aujourd'hui évolue dans un univers qui a somme toute assez peu changé depuis 500 ans : possibilités harmoniques restreintes, volume sonore limité, fragilité de l'instrument, sans oublier le problème du répertoire relativement limité. Quiconque fréquente les concerts de guitare s'expose donc à réentendre souvent les mêmes œuvres. Mais le charme si particulier des guitares de toutes les époques et de tous les styles continue d'opérer et Bonaventure des Périers, il y a plus de 450 ans rappelons-nous, avait bien raison : « ... Tant que l'œil du monde luyra, florira la guiterne, et ton harmonie remplira tous les coings de la terre. »

Le virus guitaristicus est bien loin d'être éradiqué !

François Leclerc

François Leclerc a participé à de multiples tournées et enregistrements aussi bien comme soliste qu'en tant que membre de divers ensembles instrumentaux. À la fois luthiste et guitariste, il est régulièrement appelé à interpréter le répertoire de musique ancienne.

Comme concepteur de concerts et d'enregistrements thématiques, il a été constamment amené à élaborer un répertoire inédit au moyen de recherches, de reconstitutions et d'arrangements musicaux. Il a entre autres produit des disques : Le Dernier Chevalier réalisé à l'occasion de la venue en Amérique du Nord de l'exposition Les Hommes de fer d'Autriche impériale ; L'Aventure en Nouvelle-France avec l'Ensemble Stadaconé ; Noëls de tous les temps (avec le baryton Jean-François Lapointe) et, tout récemment, Les chemins du Moyen Âge.

En 1989, il a fondé Via Musique, organisme voué à la présentation de concerts, de conférences et d'ateliers éducatifs. Au printemps 1999, il était invité à donner le concert d'ouverture des Biennales internationales de la Guitare à Saint-Paul-Trois-Châteaux, en France et à l'automne 2000, il s'est produit au Théâtre du Capitole de Toulouse. Au printemps 2001, il donnait, comme luthiste et directeur musical de l'Ensemble Stadaconé, le concert offert par la Gouverneure générale du Canada aux maires des villes du patrimoine mondial de l'unesco.

François Leclerc s'est également intéressé de façon particulière à la démocratisation de la musique « non commerciale » et au développement de nouveaux publics en présentant plus de 2 400 concerts devant des publics de jeunes dans diverses régions du Québec et dans l'Ouest canadien. Parallèlement à ses prestations à la scène et sur disque, il est professeur au Département de musique du Collège de Sainte-Foy et à la Faculté de musique de l'Université Laval.          

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la guitare

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la guitare elecrtique

La guitare à travers les âges

Parmi tous les instruments de musique, la guitare tient une place privilégiée. Cela tient à la facture même de l'instrument. Une caisse plate qui n’exige pas une lutherie de haute école, et des dimensions, certes variables, mais qui permettent un transport aisé. Elle est l'instrument populaire par excellence. Ses possibilités expressives la destinent aux motifs rythmiques, à l'écriture harmonique, et sous les doigts d’artistes habiles elle se révèle également propre à la mélodie.

La guitare a été utilisée de tout temps pour accompagner le chant: grâce à la nature de son timbre et au volume modéré de sa sonorité, elle soutient la voix humaine sans jamais la masquer.

Il suffit d’écouter trois notes de guitare pour comprendre les raisons de son succès. Une seule note de guitare possède une forme de valeur esthétique évidente. La "forme" du son de la guitare est si forte, si solide, qu’elle s’accommode à tous les traitements de l'enregistrement et de la reproduction acoustiques. Sa qualité "phonogénique" constitue un atout majeur à notre époque où presque toute la musique que l'on consomme est distribuée par les chaînes hi-fi et la télévision

Origine et transformations

C’est dans l'iconographie qu’il faut chercher la première trace de l'instrument à cordes ancêtre de la guitare. Un détailGuitare acoustique d’un bas-relief tiré de la tombe du roi de Thèbes qui régna entre 3762 et 3703 avant J.-C. représente un homme agenouillé tenant dans ses mains un instrument à cordes et à manche. Son voisin tient une harpe. Ainsi, l'existence de la "guitare" est attestée trente-huit siècles environ avant notre ère. Les Égyptiens la nommaient kithara , les Chaldéens chetarah , les Assyriens ketharah, les Grecs kithara, les Arabes quitara. Il semble bien que le mot tire son origine du vieux persan ki-tar (ki signifiant "trois", et tar, "cordes"). Selon cette hypothèse, le premier instrument qui porta ce nom était pourvu de trois cordes.

La kithara grecque (cithare) possédait sept cordes. À Alexandrie, en Égypte, fut organisée en 285 avant J.-C. une réunion de trois cents kitharistes. On apprend ainsi qu’il était interdit, sous peine de sanction grave, d’ajouter une corde à la kithara, son équilibre esthétique étant reconnu comme parfait.

Il existait dès le VI siècle au pays de Galles un instrument qui semble être logiquement le trait d’union entre la lyre et la guitare: c’est le crwth. Il se présentait comme une lyre dont on aurait fermé les branches. Il possédait une caisse de résonance et l'on avait adapté un manche sous les cordes qui étaient au nombre de six. On sait que Richard Cœur de Lion (1157-1199) participa à divers concours de crwth avec des troubadours de Provence.

La cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle possède, au porche de la Gloire (1168-1188), une sculpture qui représente une guitare, avec ses incurvations extérieures traditionnelles. On en trouve également en France, à l'abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville (Rouen) et à la cathédrale de Chartres. On estime généralement que la guitare fut vraiment adoptée par les troubadours attachés au duché d’Aquitaine vers le XIe siècle et que sous le règne du duc GuillaumeIX (1071-1127) quelque neuf cents formes d’instruments existaient, parmi lesquels vingt-cinq étaient les plus utilisés. La harpe, le luth et la guitare jouissaient de la plus grande vogue. En 1209, le démembrement du duché d’Aquitaine entraîne la dispersion de tous ces musiciens; l'usage de la guitare se répand en Europe. En Angleterre, dotée de quatre cordes, elle prend le nom de gittern.

Guitare FolkUn troubadour, Giralt Riquier de Narbonne (1230-1294), se réfugie en Espagne auprès d’Alphonse X le Sage, roi de León et de Castille. Entouré de musiciens français, espagnols et maures, le roi fait écrire et composer des centaines d’hymnes et de chansons à la gloire de la Vierge Marie. Ces recueils constituent les précieuses Cantigas de Santa María. C’est dans l'un des quatre codices des Cantigas que l'on retrouve consignée l'existence simultanée sous le règne d’Alphonse X de deux instruments: l'un, la guitarra latina, représentée avec les incurvations extérieures et les ligatures en demi-tons sur le manche, et l'autre, la guitarra morisca, ovale de face, piriforme de profil, très proche du luth, nantie de trois cordes seulement.

Le premier guitariste espagnol dont l'histoire ait retenu le nom est un certain Juan de Palencia que l'on signale dès 1414. Deux autres guitaristes espagnols, Alonso de Toledo et Rodrigo de la Guitarra, sont mentionnés en 1417.

Avec l'arrivée des Français en Espagne, sous Alphonse X, les Espagnols reçoivent du même coup l'influence de la culture musicale du reste de l'Europe. Ils font de la guitare – améliorée – un instrument de musique savante. Ils doublent les cordes, en ajoutent deux autres et simplifient la construction de l'instrument en inventant le dos plat. l'instrument est appelé vihuela, du mot viula (dérivé lui-même de fidicula) utilisé par les troubadours. (Les Portugais conserveront violao pour désigner la guitare.) Dans sa célèbre Declaración de instrumentos musicales (1549 et 1555), Juan Bermudo écrit que pour transformer une guitare en vihuela, il suffit d’ajouter deux paires de cordes. En retirant ces dernières de la vihuela, on obtient une guitare.

Chacun de ces deux instruments prendra alors une orientation bien définie: la guitare reste dans les mains populaires tandis que la vihuela sera utilisée par les musiciens cultivés.

Éclipses et renouveauxGuitare électrique selon GibsonGuitare électrique selon Fender

Dès 1720, la mode des instruments champêtres se répandit en France. Dès lors, théorbes et guitares, de sonorité trop faible, tombèrent en défaveur. Le luth, lui, demeura prisé en Allemagne grâce principalement à Ernst Gottlieb Baron et Sylvius Leopold Weiss. l'instrument, se transforme et évolue. Sa forme s’affine, sa taille se creuse, ses incurvations s’accentuent. Dès la seconde moitié du siècle, on lui adjoint une sixième double corde. Puis, peut-être pour éviter la critique que l'on adressait aux luthistes "qui passaient les trois quarts de leur temps à accorder leur instrument et le dernier quart à jouer faux", on simplifie le nombre des cordes de la guitare qui compte alors six cordes simples. Il semble que cette simplification doive être attribuée aux musiciens allemands.

La guitare suscite un regain d’intérêt vers 1770, avec Miguel Garcia. Il fut bientôt entouré de divers disciples, tels Federico Moretti et Dionisio Aguado. La guitare recommença à connaître les faveurs des musiciens et du public.

Paris devint, pendant tout le premier tiers du XIX e siècle, le principal foyer de la guitare. Des virtuoses comme les Italiens Matteo Carcassi et Ferdinando Carulli s’y installèrent, ainsi que les Espagnols Dionisio Aguado et Fernando Sor. Ce dernier est incontestablement le plus grand guitariste du XIXe siècle. Né en 1778 à Barcelone, il avait reçu une formation musicale complète. À côté du solfège, de l'harmonie, du contrepoint, il avait appris à jouer de l'orgue, du piano, du violoncelle et de la guitare. Contemporain de Franz Liszt et de Niccoló Paganini, Fernando Sor subit l'influence du "virtuosisme", qui fut la marque du XIXe siècle. La technique de l'instrument en fut notablement transformée.

Vers 1840, la guitare tombe de nouveau en décadence en France et dans presque toute l'Europe. Éloignée du domaine musical et artistique, sa technique piétine dans la routine, on l'utilise comme passe-temps; les Andalous la reprennent pour leur répertoire populaire exclusivement; on lui reproche de n’être pas audible hors du silence parfait.

Malgré les améliorations morphologiques apportées à la guitare par les luthiers français et italiens (René-François de Lacote, Luigi Panormo), un Andalou s’aperçoit que la guitare ne satisfait plus les auditeurs en groupe. C’est un menuisier natif d’Almería, Antonio Torres Jurado, installé à Séville en pleine période des cafés cantantes où de nombreux guitaristes flamencos se produisent.

Guitare pour jazzmen

Esprit révolutionnaire, ce constructeur invente alors la guitare archétype, lui donnant ses proportions définitives et une sonorité d’une puissance incontestablement supérieure. Il dégage de la construction des guitares certaines théories, toujours en vigueur, en prouvant que la pièce principale de la guitare est la table d’harmonie et que celle-ci doit être en sapin.

Guitares et guitaristes

La guitare noble eut son apôtre en Francisco Tárrega, né en 1852 à Castellón de la Plana, près de Valence. Sa vie fut celle d’un grand mystique, une vie de passion pour son art, dépourvue d'ambitions étrangères à son idéal. Après des études de piano et d’harmonie au conservatoire de musique de Madrid, Tárrega se consacre à la guitare dont il rationalise la technique instrumentale. Fasciné par la musique de Bach, de Mozart et de Beethoven, il réalisa la transcription pour guitare d’un certain nombre de pièces classiques, en même temps qu’il enrichissait le répertoire de compositions originales.

Si Tárrega rendit à la guitare ses lettres de noblesse, la valeur exceptionnelle d’Andrés Segovia (1893-1987) fut à leur mesure.National steel Guitare On doit à cet interprète hors pair d’avoir conféré à la guitare un prestige égal à celui des grands instruments solistes comme le piano, le violon et le violoncelle. Il a introduit la guitare dans les salles de concert du monde entier, attiré les publics d'élite, poussé à la création de classes de guitare dans divers conservatoires de musique.

Derrière ce chef de file brillent des solistes de premier plan, parmi lesquels il convient de citer le Vénézuélien Alirio Díaz, les Britanniques Julian Bream et John Williams, la Française Ida Presti, prématurément disparue. Parmi les compositeurs, on trouve enfin des musiciens qui n’écrivent plus spécialement pour la guitare d’Andrés Segovia mais pour l'instrument lui-même. RamónMontoya, à la légendaire réputation, des guitaristes flamencos comme Sabicas, Niño Ricardo et surtout le "révolutionnaire" Paco de Lucía ont contribué à en renforcer la vogue universelle.

La Guitare à l'aube du XXIéme siècle

En fait, longtemps "montée" de cordes de boyau depuis ses origines, la guitare a été dotée, dès 1940, de cordes de nylon qui présentent l'avantage d’être à la fois moins fragiles, d’une précision cylindrique plus grande, d’une sonorité plus puissante et d’une plus longue durée d’émission sonore. Cependant, il est bon de souligner que les cordes de nylon n’ont pas totalement supplanté celles d’acier. Les guitares à cordes métalliques – en acier pur pour les aigus, entourées de métal pour les graves – sont d’origine nord-américaine. Le système des cordes métalliques entraîne une tension plus importante des cordes et permet un volume sonore plus grand. Son timbre a la particularité d’être légèrement dissonant.

Qu’elles soient à table et fond plats ou bombés, les guitares ainsi qualifiées "d’acoustiques" ont connu, depuis leur création aux États-Unis vers 1870, une carrière populaire des plus enviées.

Le système permet de les fabriquer en série. Leur faible prix en a favorisé la diffusion auprès des artistes de jazz et de variétés. Vers les années 1960, l'ancien système des doubles cordes (encore présent jusqu’au milieu du XVIIIe siècle) est popularisé. Les guitares acoustiques de douze cordes métalliques, accordées par paire à l'unisson, apparaissent. Cependant, il est bon de préciser que les chanteurs de blues du delta du Mississippi les utilisaient dès le début de ce siècle.

Weissenborn... de Ben Harper ou Bob Brozmanl'autre évolution de la guitare au cours du vingtième siècle, est celle qui se déroula durant une trentaine d’année à Hawaii. Construite pour la musique Hawaiienne, leurs corps est tout en métal avec un résonateur. Elle faut la distinguer du Dobro, même si ces deux instruments ont les mêmes racines, qui lui est construit en bois avec un résonateur à l'envers. Ces deux instruments ont peu à peu disparu lorsque apparu la guitare " électrique "

La guitare à six ou douze cordes, autrefois construite en bois, a des éclisses et un fond moulé en plastique; elle est communément appelée guitare "sèche" par opposition à la guitare "électrique".

Celle-ci représente le dernier stade d’évolution dont l'origine se situe vers les années quarante-cinq. Le problème fondamental de la caisse de résonance est totalement escamoté et la caisse devient pleine. Sa forme obéit à la seule fantaisie de ses constructeurs. Ses qualités de timbre importent peu. Grâce à l'ingéniosité des électroniciens, cet instrument – qui n'a de la guitare que le manche peut produire un son puissant, souvent

distordu, contrôlé et modifié à volonté, prolongé à la manière d’une guitare hawaiienne – dont le lent vibrato et la modulation ouverte et ample sont à l'origine de ces recherches.
Une aussi grande variété de formes, de nombre de cordes, de production sonore souligne la santé populaire de cet instrument dans les cinq continents.

On a parfois dit que la faveur dont jouit la guitare en cette fin du XXe siècle était un phénomène social unique dans l'histoire des instruments de musique. Et l'on avance le chiffre de 250 à 300 millions de guitares dans le monde!

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